Le PTB demande 50% de logements sociaux Gare de l’Ouest

A Molenbeek, entre la gare de l’Ouest et la chaussée de Gand, s’étend un des plus grands terrains inoccupés dans notre agglomération. Depuis plusieurs années, il constitue un enjeu régional et communal. Que va-t-il devenir ? Comment va-t-il contribuer à transformer le quartier ?  Pour le PTB, le projet devra favoriser l’accès au logement pour tous : 50% des logements qui y seront construits devront être des logements sociaux.

Ces 15 hectares couvrent presque la même surface que le centre historique de la commune de Molenbeek (entre le canal, la chaussée de Merchtem, la chassée de Gand et le parvis Saint Jean). Autant dire que ce qu’une fois aménagé, il aura un grand impact sur le quartier et la vie des habitants. La région en possède  une petite partie et cherche à acheter tout le terrain (à la SNCB) pour pouvoir y construire. Y construire quoi et pour qui ?

Depuis 2015, des études ont été réalisées afin d’échafauder des hypothèses sur ce qui pourrait y être installé. On évoque - entre autres - 45 000 m² de logement[1].

Le logement ? Une urgence sociale 

LE PTB insiste sur l’urgence sociale en matière de droit au logement. Rappelons que 40 000 ménages attendent un logement social dans la capitale. Pourtant, les partis au pouvoir ne semblent pas en faire une priorité. Le marché privé domine tout ce qui concerne l’habitat. Les grands promoteurs qui raflent la plupart des chantiers veulent avant tout faire du profit. C’est notamment le cas le long du canal à Molenbeek.

Cette mainmise du privé sur le logement entraine une hausse spectaculaire des loyers. Entre 2006 et 2017, ils ont augmenté de près de 8% dans la région et de 61% à Molenbeek[2].

Rien n’est fait pour obliger les multi-propriétaires à baisser leurs loyers parfois exorbitants. Les logements sociaux, eux, sont construit au compte goutes. Ce n’est pas un hasard, mais le fruit d’un choix assumé, notamment par le PS.

Lors de la dernière législature où le PS était aux commandes dans la commune (entre 2006 et 2012) le nombre de logement sociaux réellement occupés a diminué. Le 31/12/2006, le Logement Molenbeekois comptait 3143 logement habités[3], la SISP n’en comptait plus que 3037 le 31/12/2013[4]. Une baisse de 106 appartements.

Dans la commune de Bruxelles, dirigée par le Parti Socialiste depuis 2001, on constate l’absence de logement sociaux sur le tout nouveau site de Tour et Taxi, qui se trouve à moins de 5 km de la Gare de l’Ouest. Le contrat pour la rénovation a été signé en 2007 et sur ; 2000 logements prévus sur cet espace flambant neuf, aucun logement social[5].

Saisir l'opportunité Gare de l'ouest

Au centre de Molenbeek, sur ce vaste terrain aujourd’hui à l’abandon, on peut construire dès demain beaucoup d’infrastructures utiles, agréables et importante : Des parcs, des écoles, des lieux de rencontre pour les ainées, des crèches, des espaces de productions, des locaux pour associations, des terrains de sport, des commerces de proximités. Mais à qui tout cela doit-il servir ? Comment s’assurer que les familles du quartier pourront y avoir accès ?

Concernant les logements, le PTB exige donc 50% de social. Avec a surface prévue, cela permettrait – par exemple - de construire des appartements 4 chambre pour 150 familles. A Molenbeek, en 2016, à peine 15% des logements sociaux comptaient plus de 2 chambres[6].

Quand, en octobre 2018, lors des négociations en vue de former une éventuelle majorité de gauche à Molenbeek, le PTB a proposé 50% de logement social sur le site, le PS avait répondu « qu’il y avait déjà beaucoup de logement social dans cette zone ». C’est aussi ce que disait Paul Magnette disait au PTB de Charleroi « Les pauvres attirent les pauvres »

Le PTB rétorque qu’il n’y a pas assez de logement social, que les listes d’attentent augmentent et les familles qui attendent des mutations ne voient rien venir depuis plusieurs années. La question n’est pas de construire plus de logements à cet endroit-là, mais que les logements qui y seront construits soient accessibles à tous, qu’ils n’entrainent pas de gentrification.

En effet, il est important de faire reculer la précarité à Molenbeek. La solution n’est de remplacer les habitants, mais de tirer toute la population actuelle vers le haut notamment en leur offrant un lieu pour vivre et habiter à un prix démocratique. Ce terrain est une chance pour Molenbeek.  

Aménager un espace de vie agréable, respectueux de l’environnement et accessible à tous n’est pas seulement possible, c’est une nécessité. Le PTB s’oppose à une vision de la ville et de l’habitat qui permet avant tout aux grosses entreprises de faire de l’argent. Le futur site sur le terrain Gare de l’Ouest devra inverser la tendance actuelle et se faire en fonction de gens et non du profit ! Pour cela, le PTB se mobilisera dans la rue avec les habitants de Molenbeek, de Bruxelles, au conseil communal et au parlement régional.

[1] Toutes les informations sur les plans régionaux par rapport à ce terrain peuvent être consultés sur le site : http://perspective.brussels/fr.

[2] Bruxelles : Pourquoi les loyers bruxellois ont explosé dans les communes les plus pauvres In, La Libre Belgique (basé sur l’étude de l’observatoire des loyers), 28 septembre 2018

[3] SLRB, Renseignements statistiques au 31/12/2006, p.19.

[4] SLRB, Renseignements statistiques au 31/12/2013, p.18.

[5] https://www.tour-taxis.com/fr/faq

[6] SLRB, Renseignements statistiques au 31/12/2018, p.20.


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  • Joaquim Da Fonseca
    a publié cette page 2019-01-18 10:52:26 +0100

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?